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Vers l’inaccessible étoile

Erika et Willi

C’était le 22/06/2010, à Puente la Reina, là où commence vraiment le Camino Frances (réunion avec la 4ème voie venue d’Arles).

Je m’étais assis dans une église très ancienne, sans décoration ostentatoire.

Il faisait bon. Le silence régnait tout autour de moi comme en moi-même.

Deux voix se sont mises à chanter, délicatement, sans que l’on en remarque la source.

Un homme et une femme, un duo d’Amour. D’Amour à Dieu (ils étaient très croyants), mais aussi d’Amour, de fusion entre ces deux êtres.

Ils s’appelaient Erika et Willi et arrivaient du Tyrol, elle à pied et lui avec sa drôle de bicyclette-patinette.

Nous nous sommes souvent revus et avons marché parfois ensemble.

Un jour, nous étions dans une église. Parmi nous, il y avait une jeune française toujours en train de rigoler, semblant sans soucis.

Erika et Willi se sont mis à chanter… la jeune française a éclaté en sanglots.

Elle portait dans son cœur un proche gravement malade et la pureté du chant l’a aidé à se libérer de son fardeau trop lourd.

Elle s’est confiée longuement.

Jusqu’à  Compostelle, son Chemin a été plus serein.


Le Chemin est parsemé de belles rencontres humaines et de moments de doute…

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Les 100 derniers kilomètres ….. et La Compostella …… humeur


Je suis arrivé à Compostelle l’avant-veille de la Saint Jacques 2010, année jacquaire…. Circonstances atténuantes !!!

(Lorsque la Saint-Jacques tombe un dimanche, l’année est dite jacquaire, occasion de fêtes grandioses et afflux de « pèlerins »).

Lorsque, en Gallice, on passe la borne 100 (couverte de graffitis !!!) le pèlerin en route depuis… un certain nombre de semaines, sent que le but approche, car il ne reste que 100 km à parcourir.


Ce qu’il ne sait pas encore, c’est que c’est la fin de la quiétude du chemin.

Le Chemin est de plus en plus « encombré » de  « marcheurs » dont la préoccupation première est de faire tamponner le Crédential  pour obtenir la Compostella, preuve que vous avez « fait » le chemin.

Il semble qu’en Espagne, avoir » fait » le Chemin donne des points pour les examens et fasse bien sur un CV, quitte à avoir quelques ampoules et manquer de scrupules…

Car le » pèlerin-touriste-chasseur de tampons » est souvent faiblement équipé : vulgaires baskets, petit sac à dos pour pique-nique. Mais cela, c’est son problème.


Ce qui est plus préjudiciable, c’est son comportement vis-à-vis de ceux qui ont traversé l’Espagne et plus.

Le  « pèlerin-touriste-chasseur de tampons » se déplace en bandes, occupe tout le chemin (et les gîtes), est très bavard et répond rarement  au « Buon Camino » dont il est d’usage de se saluer entre pèlerins.


Le charme est rompu. La magie du Chemin est brisée. Vous avez fait des centaines de kilomètres, certes jamais seul, mais vous avez eu tout loisir de marcher dans votre tête et voilà que vous retombez brusquement dans le tohu-bohu.


Personnellement, j’étais prêt à arrêter là mon Chemin. Je n’avais pas à justifier de mon kilométrage. Sur un plan intérieur, j’avais fait un bout de chemin.

Je suis allé jusqu’au bout parce que je savais qu’à l’arrivée, j’allais retrouver plein de compagnons de route.

Et ça, cela aurait dommage de le rater.


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Erika, Karl et Willi