En chemin…
Vers l’inaccessible étoile
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Quoi mettre dans le sac ? Quel poids ne pas dépasser ?

Réponse brutale : le minimum.


Lorsqu’une personne souhaite s’engager sur le Chemin de Compostelle, ce sont souvent les premières questions qu’elle pose à ceux qui « savent ».

Et là, il suffit qu’il y ait tout un groupe de gens qui » savent »,  les réponses sont multiples et divergentes : « j’avais 5 kilos pas plus dans mon sac », « 9 kilos, c’est bien », « il ne faut pas dépasser 10% de son poids », « moi, 15 kilos, cela ne me fait pas peur », etc….

Le pauvre apprenti pèlerin n’a plus qu’à essayer de trier.

En fait, la réponse est en soit, si on se pose la bonne question : « de quoi ai-je vraiment besoin ? »


Aller à Compostelle, ce n’est pas la traversée du Sahara.

Information n° 1 : Tout au long du parcours, on trouve tous les commerces souhaités.


Je me rappelle l’anecdote suivante :

J’étais hospitalier Au Puy en Velay. Se présente une jeune fille qui démarrait son chemin le lendemain. Son sac à dos pesait une tonne.

Nous lui proposons de recenser avec elle le contenu de son fardeau.

Elle avait 5 ou 6 livres pour lire aux étapes : elle allait marcher une dizaine de jours seulement.

5 ou 6 paires de chaussettes, de même pour les polos.  Ne parlons pas de la trousse de maquillage. Il n’y a pas que dans le film « St Jacques- La Mecque » que certaines demoiselles (ou dames) s’encombrent de fioles, en verre de préférence.

Etc, etc.

Information n° 2 : Dans tous les hébergements, il y a de l’eau et un bout d’évier pour faire sa petite lessive quotidienne.

Si vous dormez à la belle étoile, il y a sûrement un ruisseau pas très loin.


Vêtements de jour. Je serais tenté de dire que pour les chaussettes, slips et polo, 1 exemplaire sur soi et 2 au grand maximum dans le sac, au cas où le temps humide empêcherait de sécher dans la soirée.

Les chaussettes doivent être faites pour la rando et pas pour aller au bal et les autres vêtements doivent pouvoir sécher rapidement. Les caleçons molletonnés ne sont pas idéaux.

Sur soi : un pantalon de rando (il en existe avec des jambes amovibles pour le transformer en short) et bien sûr, un chapeau. Un bob avec des bords bien débordants me semble préférable à la casquette. Mais la casquette, c’est bien sous le poncho quand il pleut, car la visière protège mieux le visage et les lunettes de la pluie.

En parlant de pluie, il faut prendre un poncho (léger bien sûr) avec des manches longues serrées aux poignets. Le mien a une fermeture éclair intégrale à l’avant, c’est le top.


Pour le couchage, prévoir un sac à viande en (fausse) soie : c’est très léger et prend peu de place. Prévoir aussi un duvet léger. Il servira rarement : seulement quand le gîte sera dépourvu de couverture. Il en existe en grande surface de sport, assez légers et pratiques à ranger. N’oubliez pas non plus votre pyjama (inutile d’emmener la robe de chambre).


Pour la lessive, il existe des tubes de lessive liquide. Inutile d’en prendre 15 : un tube peut faire pour 1 mois1/2, et on se réapprovisionne en cours de route. Certains préfèrent le savon de Marseille qui peut servir à tout (lessive, douche, shampoing).

Prendre un morceau de ficelle qui peut dépanner pour étendre le linge, quelques épingles à linge en plastique, et aussi, des épingles « nourrices » pour parfaire le séchage en accrochant les vêtements sur le sac à dos. Pas très élégant, mais efficace.


Pour la soirée à l’étape, prévoir un short, sauf si vous voulez passer les Pyrénées en janvier !!! et des sandales. Il existe des chaussures en plastique très légères et semble-t-l confortables et pas chères. La sandale, à condition d’avoir une bonne semelle, est très confortable aussi après l’effort, pour visiter la ville où vous êtes mais aussi pour marcher sur le chemin dans l’éventualité où les chaussures de rando vous feraient des misères… (J’ai marché plusieurs jours avec un allemand qui était pieds nus dans ses sandales, il se portait bien, merci.).

Prévoir une petite lampe électrique (à manivelle) pour aller faire pipi sans allumer la lumière…

Pour les soirées fraîches et les départs matinaux, une petite veste polaire n’est pas un luxe.

Manger. Pendant le temps de marche, quelques barres de céréales ou des fruits secs sont précieux. Pas la peine d’en prendre des tonnes : toute bonne épicerie vous en vendra. Les barres de céréales permettront de surmonter un coup … de barre et d’attendre le prochain ravitaillement.

Prévoir également de quoi manger le midi si les distances à parcourir ne vous permettent pas d’arriver à un lieu de ravitaillement avant midi ou si vous marchez un jour de fermeture des magasins. Sur le chemin, certains boulangers, outre le pain frais que vous achèterez, vous proposeront des sandwiches…

Mais ne vous encombrez pas de boîtes de conserves : je me souviens avoir trimballé pendant 15 jours une boîte de salade au thon, au cas où, que j’ai finalement mangé le dernier soir avant de rentrer à la maison.

Dans les villages traversés, on trouve bien toujours une petite épicerie et le soir, bon nombre de gîtes proposent de vous faire à manger. Un certain nombre sont dotés d’une cuisine plus ou moins bien équipés mais on’ est pas là pour faire de la grande cuisine. Reste le petit resto. En Espagne, beaucoup proposent le menu du pèlerin (du requin pèlerin quand la traduction est approximative) pas cher.

Ce n’est pas un péché que de se faire servir de temps en temps.

Boire. Indispensable. Il faut même être un « boit sans soif » car quand on tire la langue de soif, c’est trop tard.

Pour ma part, j’ai une gourde d’un litre ½ placée dans une poche latérale du sac sur laquelle j’ai adapté une pipette qui permet de boire des petites gorgées tout en marchant. C’est, à mon avis, le meilleur système.

Sans la pipette, il faut s’arrêter, poser le sac, sortir la gourde. Au bout d’un moment, on a la flemme de faire tout cela, et c’est Dame Tendinite qui vous rappelle à l’ordre.


Matériel de cuisine.  Un couteau suisse de base  me semble indispensable. Et un ensemble couteau-cuillère-fourchette en plastique très dur (trouvé dans une grande surface de sport) qui permet de manger le midi ou quand la vaisselle du gîte est défaillante…

Bien sûr, si vous vous voulez partir en autonomie complète, il faut une petite popote et un  réchaud (sans oublier la tente, le tapis de sol…..)


Matériel de toilette : un gant et une serviette qui sèchent très vite (magasin de sport).

Un (seul) tube de dentifrice, une brosse à dents. Certains cassent le manche de la brosse en deux pour gagner du poids…. Pour ma part, j’ai une brosse en 2 parties qui permet de mettre les poils à l’abri des saletés.

Un (seul) gel douche. C’est pratique. D’autres vous préconiseront le savon de Marseille bon pour tout…

Un peigne, un rasoir mécanique avec ses lames (sauf si vous voulez laisser pousser la barbe ou si vous faites partie de la gent féminine).

Laissez tomber le sèche-cheveux et les tubes de maquillage.

Par contre n’oubliez pas une protection contre les coups de soleil.

Un coupe-ongles, par contre, n’est pas un instrument de luxe. Même si vous vous êtes coupés les ongles avant de partir, ils continuent de pousser, et des ongles longs dans les chaussures pendant une descente raide : bonjour les dégâts…


Matériel de secours : N’emportez pas votre armoire à pharmacie…

Prenez bien sûr vos médicaments personnels indispensables.(et les ordonnances)

Pour les ampoules, les Compeed (ou marques similaires) sont efficaces. (plusieurs formats en fonction de l’endroit à protéger).

Un tube de pommade pour les pieds, pour les délasser ou les préparer le matin.

Un tube de pommade pour se masser les jambes après la douche.

Des petits pansements pour les petits bobos (coupures), une bande, quelques carrés de gaze, du ruban adhésif et une paire de petits ciseaux.

Prévoir des cachets en cas de maux de tête (coup de chaud, fatigue, etc) et de l’Arnica en gélules homéopathiques.

Il n’y a pas des pharmacies que dans votre ville, mais aussi dans d’autres régions de France et même en Espagne…


Les guides. Je ferai un chapitre spécial  sur le sujet. En deux mots, ne vous embarrassez pas de documents encyclopédiques sur les régions traversées…


Et la taille du sac ?  L’idéal serait d’acheter le sac après avoir fait le tri dans vos affaires et de prendre sa taille en fonction du volume des dites affaires. Car si on achète un sac trop grand, on aura tendance à le remplir.

Quel type de sac ? Il existe des sacs adaptés à la morphologie des hommes ou des femmes. Ne pas prendre un modèle basique : vous allez le « supporter » pendant des jours et des jours. Il faut qu’il ait de bonnes bretelles confortables, des réglages permettant de bien l’adapter à votre corps et des « amortisseurs » de chocs. Le prix que vous saurez y mettre ne sera pas un investissement inutile.


Je m’aperçois que je deviens le énième a vous donner des conseils…

Peut-être que certains détails vous aideront à choisir… ou réfléchir.

Mais le 1er concerné, c’est vous. Alors : de quoi avez-vous vraiment besoin ?



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